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09/12/2011

Petites îles, grandes ambitions... Grands pays, petites ambitions ?

Un billet de An Lambrechts, Greenpeace

La Micronésie, Samoa, Tuvalu, cela vous dit quelque chose ? L'île de Saint-Vincent et l'archipel des Grenadines ? Ou l'île de Sainte-Lucie ? Tous ceux qui sont impliqués dans les négociations climatiques les situent les yeux fermés sur un planisphère, tantôt du côté du Pacifique, tantôt du côté des Caraïbes. Et ce n'est pas parce qu'ils sont férus de géographie !

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Ces îles se battent pour un accord climatique contraignant qui permettrait de maintenir l'augmentation des températures sous les 1,5°C. Elles n'ont que des petites délégations mais elles parviennent à se faire remarquer là où il faut dans les négociations ! Leurs populations subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement planétaire. De fortes tempêtes tropicales menacent de les balayer de la carte quand ce n'est pas l'eau de l'océan qui s'infiltre dans leurs sols poreux et inonde leurs champs et leurs habitations.

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Des moyens pour s'adapter

Cette semaine a été marquée par le début de la partie « ministérielle » des pourparlers. Et une fois encore, ces petites îles ont donné l'impression d'être les seules à avoir compris de quoi il retourne réellement. Car, malheureusement, tout indique qu'il n'y aura pas de moyens supplémentaires pour leur permettre de « s'adapter aux circonstances ». Le terme utilisé dans le jargon onusien est effectivement celui d'adaptation.

Vu la teneur actuelle des négociations, on peut même craindre que la plus petite avancée ne risque d'être prise pour une « grande victoire »... Et même par les pays africains, qui ont aussi des populations touchées par le changement climatique et et qui sont forcées de fuir la sécheresse et la désertification... Alors que - ne l'oublions pas - il faudrait tout de même que l'on trouve une solution pour les aider à faire face. Pour les petites îles, un « bon résultat » risque bien d'être un résultat insuffisant.

Emplâtre sur une jambe de bois ?

Tant que rien ne se passe pour s'attaquer à la racine du problème et réduire les émissions de gaz à effet de serre via un accord contraignant et ficelé d'ici 2015, tout en conservant le Protocole de Kyoto, on pourra parler d'emplâtre sur une jambe de bois. Et, bien sûr, force est de répéter une fois encore que la balle est dans le camp des pays en voie de développement et de l'Union européenne (UE).

Nos ministres vont devoir sérieusement retrousser leurs manches. Cela fait bien longtemps que l'UE n'a plus joué un rôle aussi déterminant dans les négociations. Et il faut bien avouer que jusqu'à présent, l'Europe a perdu son leadership. Un Etat membre semble fait sur ce plan figure d'outsider. Un petit Etat membre... Eh oui, la Belgique qui s'est efforcée de maintenir l'UE au top sur tous les fronts. En réalité, c'est hallucinant de constater que les plus grands fans d'un accord climatique digne de ce nom sont de petits pays qui se tiennent les coudes. Et si quelqu'un allait faire une petite brèche dans le système de protection des Pays-Bas contre la montée des eaux ? De la sorte, leur ministre sera peut-être également mandaté pour sauver le Protocole de Kyoto !

09:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban, climat |  Facebook | |

02/12/2011

Ne perdons pas une décennie, l'Europe doit prendre le leadership

Un billet de An Lambrechts, Greenpeace

A Durban, l'Union européenne se trouve face à un choix : prendre le leadership et défendre pleinement la poursuite du Protocole de Kyoto ou se cacher derrière les pays qui se sont déjà désolidarisés de cet accord.Il est clair qu'on ne peut pas véritablement compter sur les autres signataires de Kyoto : le Canada, le Japon et l'Australie ne semblent plus intéressés ; quant à la Russie, elle ne le remet pas en cause, mais nous pouvons faire une croix sur les engagements sérieux que ce pays pourrait prendre ces prochaines années.

En coulisses : discussions passionnantes

GP01OXE.jpgPouvons-nous nous attendre à ce que des efforts sérieux soient accomplis ces prochaines années ? Ou la question de la poursuite du Protocole sera-t-elle renvoyée aux calendes grecques, c'est-à-dire  jusqu'en 2020 ? D’Europe doit continuer à opter pour la première solution. Or, cette semaine, des dissensions sont apparues entre les États-membres et la Commission européenne. Heureusement, la Belgique maintient le cap, même sans gouvernement, et semble vouloir faire son beurre de ce qui est actuellement sur la table.

En fin de compte, cela signifie que les discussions sur l'avenir du Protocole de Kyoto se tiendront pour l'essentiel entre l'UE et les pays émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, mais aussi le pays hôte, l'Afrique du Sud. L'UE attend de ces derniers qu'ils prennent des engagements mieux ficelés pour compenser la brèche ouverte par leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les discussions en coulisses sont passionnantes et détermineront en grande partie l'issue du Sommet de Durban. Admettons-le, pour nous, les ONG, il est bien difficile de savoir ce qui se trame exactement en coulisses mais ce qui est sûr, c'est que des discussions sont en cours et c'est une bonne chose !

Éviter une décennie de perdue

ECO, un bulletin émis quotidiennement par les ONG, a diffusé hier un article acéré sur le leadership européen dont nous aurions besoin. C'est surtout la Commission européenne qui y est rappelée à l'ordre. Selon les dernières communications émanant de l'UE, il y aurait encore de l'espoir que l'Europe s'engage totalement en faveur de la poursuite du Protocole. Mais d’autres communications de l'UE sont bien plus ambiguës.

Nous craignons que les dirigeants recherchent une date (2020) qui arrangerait davantage les États-Unis. Or, pour véritablement progresser, il faut que l'Europe, tout comme la Chine, l'Inde et les pays d'Afrique prennent leurs distances par rapport aux États-Unis et décident d'avancer ensemble. Reste à croiser les doigts pour que l'Union européenne ne nous fasse pas perdre une décennie de plus  dans le processus des négociations !

16:21 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban, eu |  Facebook | |

29/11/2011

Amazonie : sérieux coup de canif dans la lutte contre la déforestation

Les négociations sur le climat ont commencé ici à Durban et les discussions sur le lien entre déforestation et réchauffement planétaire vont rapidement prendre une tournure des plus concrètes. C'est dans ce contexte particulier que le Brésil s'apprête à porter un sérieux coup à ses efforts dans la lutte contre la déforestation. C'est d'autant plus pénible que ce pays avait pris les devants dans ce domaine.

 En 2009, le président Lula s'était engagé à réduire la déforestation de 80% à l'horizon 2020. Ce faisant, il propulsait son pays au rang des leaders de la lutte pour le climat. La déforestation ayant catapulté le Brésil à la quatrième place des pays émetteurs de CO2, il était en effet temps de réagir.

Relancer la machine à déforester
Malheureusement, le parlement brésilien a voté aujourd'hui une loi qui met le Code forestier brésilien sens dessus dessous et qui risque de relancer la machine à déforester. Cela fait six ans que le Brésil pouvait aligner des chiffres en baisse mais la perspective d'une adaptation de la législation risque à elle seule de déboucher sur une hausse considérable des coupes forestières.

Selon l'université de Brasilia, on peut s'attendre à une augmentation de 50% de la déforestation au Brésil si la nouvelle réglementation entre en vigueur.

 Qui est à la base des changements ? Le lobby agricole, particulièrement bien représenté au sein du parlement brésilien. Il attend, par des modifications de la loi, la mise à disposition de terres pour y pratiquer de l'agriculture et de l'élevage industriel. Ces entreprises investissent des millions pour faire pression et obtenir des changements à leur avantage. Au détriment bien sûr de la protection des forêts.

 Une dame en vert ?

Dilma Roussef (qui a succédé à Lula à la présidence du Brésil) est la seule qui puisse encore intervenir pour sauver la forêt amazonienne et concrétiser les ambitions climatiques du Brésil. C'est pourquoi Greenpeace l'invite dès aujourd'hui à éviter de livrer le plus grand poumon vert du Brésil et de la planète aux tronçonneuses.

 Des actions sont - ou seront - menées un peu partout dans le monde pour inciter la présidente brésilienne à prendre ses responsabilités et arrêter la destruction. Ici, à Durban, il va sans dire que cela n'est pas sans importance. Pourquoi ? Le Brésil est un des pays clés pour obtenir un accord qui en vaille la peine et qui mène à l'arrêt effectif de la déforestation.

 Si tu vas à Rio... n'y va pas sans accord pour les forêts

 Le Brésil sera en outre le pays hôte de la prochaine conférence des Nations unies qui se tiendra, l'année prochaine, à Rio. C'est pourquoi, nous nous sommes levés tôt ce matin à Durban pour faire un geste pour l'Amazonie et tenter de faire changer le cours des choses. Le Brésil doit se montrer garant de ses forêts.

Une photo en direct de Durban où la préoccupation pour l'avenir des forêts monte en puissance :

 

Durban, forest

© John Robinson / Greenpeace

14:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : durban, amazonie |  Facebook | |

24/11/2011

Durban : passera... passera pas ?

Un blog de An Lambrechts - Greenpeace

C'est la troisième fois consécutive que je participe à la Conférence des Nations unies sur le climat. Il y a quelques jours, lors d'une rencontre avec le mouvement environnemental, un journaliste nous a demandé si – après la débâcle de Copenhague - nous avions encore confiance dans ce « machin » onusien ?

Bruits de couloir

En fait, dans les couloirs, on chuchote que quand il fait moche, on sort un piètre accord et que quand il fait beau, on sort la tête haute ! Jusqu'ici, cela se vérifie. Bali a débouché sur une solide feuille de route, et Cancun (Mexique) – qui s'est tenu l'année dernière - a permis de sauver la mise. Inutile de rappeler le bide de Copenhague... tout le sommet a fait flop !

Ainsi, si l'on peut croire cet adage onusien, Durban  sera un bon cruet sera - toujours selon ce dicton - potentiellement meilleur que le sommet de l'an prochain qui se tiendra au cœur de l'hiver coréen... Mais dans le contexte actuel, qu'est-ce qu'un bon accord ? 

Du pain sur la planche

Durban doit nous apporter au minimum une vision pour le futur. En d'autres termes, de quoi nous diriger vers un accord contraignant à l'horizon 2015. Dans la foulée, le protocole de Kyoto (dont la première période d'engagements s'achève en 2012) doit être prolongé. Il faut par ailleurs également s'accorder surla future structure du fonds Climat.

 

durban

Responsable de la campagne “Forêts”, j'ai bien sûr des attentes particulières. Il faut mettre le paquet pour préserver les derniers massifs de forêts tropicales et, à travers les forêts, lutter pour les peuples autochtones, la biodiversité. Mais, tout cela passe par la mise à disposition de suffisamment de fonds pour faire de cette protection des forêts autre chose qu'un vœu pieux ! Un schéma similaire s'applique d'ailleurs à la lutte contre le réchauffement planétaire dans les pays en voie de développement. Sans être à la base des changements climatiques, ils en sont les premières et les principales victimes...

Un rôle sur mesure pour les ONG

Les organisations non gouvernementales ont un rôle clé à jouer dans cette construction. A nous de chercher activement, un peu de jeu dans le système politique pour marquer des points. Pour cela, nous devons analyser soigneusement la situation et formuler des propositions concrètes que nous pouvons présenter aux négociateurs. Et bien sûr, nous mettons la pression en publiant des rapports ou en organisant des activités publiques.

Alors oui, vu ma fonction au sein de la campagne “Forêts” de Greenpeace, je pars avec des sentiments mélangés. Je me demande par exemple si je ne ferai pas mieux de mettre toute mon énergie à soutenir le boulot que nous faisons sur le terrain. C'est tellement crucial de lutter contre la déforestation en RDC par exemple. Au cœur des forêts congolaises, l'industrie prend ses aises et bafoue allègrement les droits des populations locales. 

 

durban


Ou alors en Indonésie où l'industrie du papier transforme la forêt en papier d'emballage...   Ou encore au Brésil où la déforestation a repris vigueur ces derniers mois et où une loi nationale fondamentale pour sauvegarder la forêt est aujourd'hui remise en question.

Enjeu planétaire

C'est vrai que sur le terrain, on peut agir concrètement pour mettre un terme à la déforestation mais toutes nos victoires doivent s'ancrer dans des politiques planétaires. Ce serait stupide si l'on marquait des points dans un pays avec des entreprises qui s'engagent à cesser le massacre pour que les tronçonneuses se remettent à l’œuvre dans le pays ou la région d'à côté. La déforestation qui représente un cinquième des émissions de gaz à effet de serre de la planète est un enjeu qui nous concerne tous. C'est pourquoi, Durban, pas question que ça casse : ça doit passer ! Peu importe, ce que le mouvement environnemental en pense, c'est un rendez-vous capital. Nous y serons !

Lisez l'ensemble de nos attentes et revendications sur notre page consacrée aux enjeux de la conférence

17:27 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban |  Facebook | |