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07/12/2011

Des jeunes canadiens éjectés du sommet !

Crédit CYD_DJC

Crédit photo CYD_DJC

Les représentants des jeunes mettent régulièrement de l'animation dans le déroulement très sérieux des négociations climatiques avec des actions pour interpeller les négociateurs et leur rappeler l'urgence d'agir.

Malheureusement, ces actions sympathiques ne sont pas du goût de tout le monde. Un groupe de six jeunes Canadiens se sont fait éjectés aujourd'hui du sommet. Alors que le ministre canadien l'Environnement, Peter Kent, commençait son discours, les six jeunes se sont levés et lui ont tourné le dos révélant le message «Tournez le dos au Canada» écrit en grand sur leur T-shirt et soulevant des acclamations de l'audience.

 Le Canada est un des « bad boys» des négociations climatiques. Il se voit très régulièrement décerné le « Fossile du jour », le prix décerné quotidiennement par Climate Action Network, le réseau des ONG luttant pour le climat, au pays qui a fait "de son mieux" pour empêcher tout progrès dans les négociations. Le Canada en a ainsi collectionné 12 « fossiles » depuis le début des négociations à Durban ! La politique climatique du Canada est fortement influencée par le lobby des sables bitumineux, un des pétroles les plus polluants qui soit. Le Canada refuse ainsi de s'engager dans la poursuite du Protocole de Kyoto qui représente « le passé » pour le ministre Kent. Le Canada est également accusé de faire preuve de rigidité et de mauvaise fois dans les négociations.

 Pour un représentant des jeunes canadiens,  Tasha Peters, "Tant que le Canada à la table des négociations promeut l'industrie plutôt que les droits humains, nous ne verrons jamais l'accord sur le climat dont le monde a besoin. Il est temps de laisser le Canada derrière. "

 Cécile de Schoutheete

 

 

On se mobilise pour l’Amazonie!

La nouvelle est tombée : la réforme du Code forestier au Brésil poursuit tranquillement son chemin à travers les méandres de la politique brésilienne et arrive en fin de parcours. Si l’on ne fait rien, bientôt, elle va se muer en loi. Et ce, malgré l’opposition farouche de la société civile, qui rejette en majorité la réforme qui met en péril une surface de forêt amazonienne aussi grande que l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche réunies. Avec tout ce que cela implique au niveau perte de biodiversité inestimable, aggravation du changement climatique (faut-il le rappeler, la déforestation compte pour environ 20% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, contre 13% pour le secteur des transport), problèmes accrus pour les peuples indigènes qui vivent dans ces forêts, etc.

L’ensemble de la délégation WWF ici à Durban est bien sûr très touché et en colère par rapport à cette nouvelle. Alors que nous nous battons ici pour que des progrès soient faits en matière de mesures fortes contre le changement climatique, il nous paraît inconcevable que le Brésil fasse un tel pas en arrière par rapport à la gestion de ses forêts, et par là, par rapport à ses objectifs climatiques.

Mais il y a encore un espoir, incarné par la présidente du Brésil Dilma Rousseff. Elle a en effet le pouvoir d’apposer son veto à la réforme du Code forestier et d’empêcher cette catastrophe écologique en puissance.

L’espoir est aussi incarné par vous ! Vous pouvez faire quelque chose : signer la pétition que le WWF adresse à Dilma Rousseff. Plus il y aura de signatures et plus on peut espérer que notre message soit entendu ! Alors n’hésitez pas à faire circuler l’information et à en parler autour de vous.

Petits gestes, grands effets !

Jan Vandermosten, WWF-Belgique

 

Quel futur pour l'Amazonie ?

En Amazonie, nous frôlons une catastrophe écologique. Ici à Durban, le Brésil a fait la démonstration qu'au fond, la protection de la biodiversité ou des droits des peuples autochtones, il s'en fiche. Même si de nombreuses vies en dépendent et que la forêt amazonienne abrite une foultitude d'espèces végétales et animales.

Pendant que l'on négocie à Durban, le sénat brésilien a voté une nouvelle législation concernant les forêts qui ouvre la porte à la destruction à grande échelle de ce précieux écosystème. Dilma Rousseff, la présidente est la seule qui peut encore changer le cours des choses et s'opposer aux changements apportés par cette nouvelle loi. Il faudra pour cela un nouveau passage à la Chambre et enfin, dans quelques semaines sans doute, une signature présidentielle. Pour comprendre ce qui est en jeu, visionnez notre vidéo, le problème y posé en quelques images.

La nouvelle loi place le Brésil et le reste du monde face à un fameux cercle vicieux. Les émissions de CO2 issues de la déforestation en Amazonie aggravent les changements climatiques. Les coupes forestières que l'on y déplore rendent les forêts plus vulnérables aux incendies.

Brésil à Durban : on cultive le paradoxe
Entre-temps, les couloirs de Durban s'emplissent de rumeurs comme quoi les Brésiliens font tout pour ne pas avoir à négocier dans les prochaines années un accord sur le climat contraignant. Cela signifie qu'ils peuvent prendre leurs propres objectifs en matière de déforestation par dessus la jambe. Ceci explique peut-être pourquoi ces derniers temps, le taux de déforestation diminue pour remonter ensuite et puis s'infléchir à nouveau. Nous sommes entrés dans une zone de turbulences...

A Durban, beaucoup de choses dépendent des accords scellés entre l'Union européenne, la Chine et l'Inde. Mais à présent, le Brésil pourrait bien faire figure de pomme pourrie. Encore qu'il faille bien sûr pour cela que les trois ténors précités démontrent qu'ils sont effectivement prêts à s'engager. Cela ne suffit pas de l'affirmer dans les médias....

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Heureusement, le Brésil peut encore redresser la barre. Tout d'abord en conservant le Code forestier actuellement en place. Mais aussi en rattrapant les quelques bourdes commises la semaine passée et en prenant le lead sur l'accord de financement pour les forêts. Cela pourrait sauver un peu la mise puisque le texte à présent sur la table est des plus faibles comme évoqué dans mon billet précédent posté sur ce site.

Et, bien sûr en acceptant un timing clair pour les négociations d'un nouvel accord sur le climat contraignant.

Notre équipe à Durban n'a pas manqué de donner un signal d'alarme au monde entier avec une projetion.

06/12/2011

Un rayon de soleil de Chine?

 

Depuis quelques jours ma boîte mail est bombardée d'emails concernant la Chine. Les nouvelles circulent vite sur la mailing liste du Climate Action Network, le réseau des organisations qui travaillent sur le climat, chacun y va de son commentaire, son interprétation...

 

 

Alors pourquoi toute cette agitation ? Tout cela est encore à confirmer mais la Chine semble montrer de plus en plus d'ouverture à accepter un objectif de réduction d'émissions contraignant pour après 2020. Jusqu'à présent les pays en émergents et en développement ont refusé de se voir fixer des engagements contraignants dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Ils ne veulent en effet pas se voir imposer le même niveau de contrainte que les pays industrialisés sur qui pèsent la responsabilité historique des changements en cours et demandent que les pays industrialisés s'engagent en premier dans une deuxième période d'engagement du Protocle de Kyoto . Dans le Protocole de Kyoto en effet seuls les pays industrialisés ont souscrit à des engagements de réduction d'émissions. Hors, depuis l'adoption du Protocole de Kyoto en 1997, la Chine et les autres pays émergents ont connu un développement économique fulgurant et ont vu leurs émissions exploser. La Chine est ainsi devenu en 2009 le premier pollueur mondial devant les Etats-Unis et les pays dans le Protocole de Kyoto ne représentent plus que +- 20% des émissions mondiales. Les Etats-Unis demandent dès lors que la Chine accepte les mêmes engagements que les pays industrialisés. L'Europe a également conditionné sa participation dans un Protocole de Kyoto II à l'adoption à terme d'un accord engageant tous les pays. Chacun se renvoie ainsi la balle. Un petit jeu de «  je bouge, si tu bouges » qui en l'absence d'un premier pas menace de paralyser toutes les négociations.

 

D'où l’effervescence autour de l'ouverture possible de la Chine qui permettrait de débloquer la situation. On pourrait ainsi dans le meilleur des scénarios voir émerger un deal Chine – Europe avec une prolongation du Protocole de Kyoto et une feuille de route vers un accord global. Les Etats-Unis, la première puissance mondiale, resterait sur le bord de la route, bloqué sur le plan intérieur par leur sénat républicain très climato-septique. Si l'ouverture de la Chine se confirmait, il s'agirait d'une belle éclaircie sur les négociations à Durban mais la route pour maintenir le réchauffement sous la barre de 2° serait encore longue. Affaire à suivre...

Cécile de Schoutheete

 

 

05/12/2011

Rien de bon pour les forêts jusqu'ici à Durban

Un billet de An Lambrechts

La première semaine de négociations est derrière nous mais la situation est plutôt sombre pour ce qui est de la lutte contre la déforestation. Les négociations les plus techniques se sont terminées la semaine dernière, bien que les ministres doivent encore entériner ce qui a été convenu. Après des sessions longues et difficiles, un texte a notamment été rédigé sur le mécanisme REDD, c'est-à-dire concernant la lutte contre la déforestation.

Un tel résultat devrait nous réjouir mais franchement, vu le contenu, il n'y a pas de quoi pavoiser. On se demande bien comment tout ceci pourra déboucher sur une amélioration sur le terrain, avec à la clé une diminution de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre qui en découle.

Forêts : mieux que des puits de carbone
A Cancun, tous s'étaient engagés à plancher sur la piste de la déforestation. Cela devrait comprendre la biodiversité et les droits des peuples autochtones et des communautés locales qui doivent être protégées au même titre que la forêt. La Bolivie a défendu ce point de vue à plusieurs reprises, ici à Durban. Il s'agit d'écosystèmes vivants et donc bien plus que de simples 'puits de carbone'.

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Le texte qui a été présenté samedi permet à chaque pays de décider de mettre, ou non, en place les principes qu'il définit. Alors qu'au départ, ce texte était limpide, il est à présent criblé de références à des 'circonstances nationales' qui feront que, in fine, il perdra de son efficacité. Il risque même de rendre l'évaluation de tout progrès réalisé dans les pays en voie de développement particulièrement difficile.

Des réductions sur le papier
A côté de cela, il faut envisager de mesurer les prestations de ces pays en ce qui concerne les réductions d'émissions provenant de la déforestation. On aurait pu espérer marquer des points sur ce plan. Mais au lieu de tenir compte de la réalité du terrain, les négociateurs ont choisi l'option 'spéculation' pour évaluer ce qui à l'avenir pourrait se passer dans les pays en développement.

En d'autres termes, la porte est ouverte pour toutes sortes de scénarios artificiels qui ne feront que conduire à des réductions de CO2 sur papier alors que sur le terrain, les coupes forestières se poursuivront.

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Difficile dans ces circonstances de parler d'avancées. C'est plutôt le terme "recul" qui vient à l'esprit. Ou plutôt comme l'évoque cette photo de feu de forêts en Amazonie, d'espoirs presque partis en fumée... Au lieu de poursuivre sur la voie de ce qui avait été construit à Cancun, Durban n'aurait rien apporté d'autre que des risques inacceptables pour l'environnement. Le pire, c'est qu'il faudra peut-être parler d'un recul social pour les communautés qui vivent dans les forêts ou qui en dépendent. La prise en compte de leurs droits risque de se limiter à la mention vague 'si d'application'.

Cette semaine, on attend toujours une décision quant au financement de REDD. Les reculs enregistrés laissent présager que ce volet financier ne fera qu'aggraver les choses, principalement dans le contexte des marchés du carbone.

Un combat à venir
Quoiqu'il en soit, nous savons déjà ce qui nous attend l'an prochain : démontrer que la biodiversité, les droits des peuples vivant de et dans la forêt et des réductions d'émissions équitables sont bel et bien d'application.

En tous cas, j'ai de plus en plus de mal à me débarrasser du sentiment que je ne suis ici que pour regarder passer les trains en route pour la destruction. Mais bon, c'est un sentiment typique à ce stade des négociations. Cette impression que rien ne se passe comme il faut fait partie du jeu et ce ne sera pas la première que l'on croit que tout est fichu et que finalement tout rentre dans l'ordre...