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29/11/2011

Biodiversité et déforestation

Les négociations climatiques internationales, ça n’est pas la coupe du monde de football mais c’est aussi un événement international énorme et cela veut donc dire : chaos logistique. Donc hier, les bus spécialement dédiés au sommet n’étaient pas au point. Des dizaines de personnes m’indiquaient très gentiment le chemin jusqu’à l’arrêt de bus, mais personne ne savait où le bus allait….Même pas les chauffeurs ! Après une discussion d’une demi-heure sur quel bus et quelle route prendre, nous avons enfin pu décoller. Tout ça pour un voyage de 5 minutes… Je vous entends déjà dire « Ahlala l’Afrique ». Eh bien, d’après quelques uns de mes collègues expérimentés, ça n’est pas si mal en comparaison avec le sommet de Copenhague.

Par rapport à la biodiversité, je ne peux certainement pas me plaindre par rapport à ce que j’ai trouvé dans ma chambre d’hôtel : un énorme cafard qui se baladait tranquillement sur le plancher. Malgré que je travaille au WWF, je ne suis pas fan des petites bestioles rampantes, et encore moins si elles peuvent voler ! Selon le réceptionniste, ces bêtes entrent par les fenêtres ouvertes et peuvent être aussi grosses que des oiseaux. Je ne suis pas sûr que je peux le croire, mais à partir de maintenant, ma fenêtre restera quand même fermée !

J’ai relu encore une fois notre rapport « Forêts & Climat ». Ce rapport est le troisième que le WWF a publié dans le cadre de l’année internationale des forêts. La déforestation est responsable de près de 20 % des émissions mondiales de CO2 d’origine humaine. Si nous voulons pouvoir maintenir le réchauffement climatique sous le seuil des 2°C, nous devons stopper la déforestation.

REDD+

Le rapport « Forêts & Climat » indique que si nous voulons arrêter la déforestation d’ici 2020 (ce qui est l’objectif du WWF), il est nécessaire d’avoir un mécanisme qui incite les pays à garder leurs forêts plutôt que de les couper. Vous pensez que ça n’existe pas ? Eh bien si, la bonne nouvelle c’est que ça existe et que ça s’appelle REDD+ pour 'Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation'.

Comment ça marche? En échange d’un incitant financier, les pays doivent créer une structure qui leur permette de faire face aux causes sous-jacentes de la déforestation sur leur territoire. Les résultats obtenus doivent être mesurés et le droit des peuples autochtones doit être respecté dans le processus. Un tel système, une fois développé et mis en place, aura des retombées positives pour le climat, mais aussi pour la biodiversité et pour les populations locales et les peuples indigènes.

REDD+ est également un des mécanismes sur lesquels il y a eu le plus de progrès lors des négociations climatiques ces dernières années. Les bases de ce mécanisme sont donc jetées. A Durban, il faudra que des moyens financiers pour REDD+ soient dégagés, et que certains aspects techniques importants soient développés et/ou précisés. Si les négociateurs réussissent à faire un pas en avant significatif dans ces matières, on pourra espérer que les dernières mises au point soient réalisées au cours du sommet mondial de l’année prochaine.

 

Jan Vandermosten, WWF-Belgique

 

24/11/2011

Durban : passera... passera pas ?

Un blog de An Lambrechts - Greenpeace

C'est la troisième fois consécutive que je participe à la Conférence des Nations unies sur le climat. Il y a quelques jours, lors d'une rencontre avec le mouvement environnemental, un journaliste nous a demandé si – après la débâcle de Copenhague - nous avions encore confiance dans ce « machin » onusien ?

Bruits de couloir

En fait, dans les couloirs, on chuchote que quand il fait moche, on sort un piètre accord et que quand il fait beau, on sort la tête haute ! Jusqu'ici, cela se vérifie. Bali a débouché sur une solide feuille de route, et Cancun (Mexique) – qui s'est tenu l'année dernière - a permis de sauver la mise. Inutile de rappeler le bide de Copenhague... tout le sommet a fait flop !

Ainsi, si l'on peut croire cet adage onusien, Durban  sera un bon cruet sera - toujours selon ce dicton - potentiellement meilleur que le sommet de l'an prochain qui se tiendra au cœur de l'hiver coréen... Mais dans le contexte actuel, qu'est-ce qu'un bon accord ? 

Du pain sur la planche

Durban doit nous apporter au minimum une vision pour le futur. En d'autres termes, de quoi nous diriger vers un accord contraignant à l'horizon 2015. Dans la foulée, le protocole de Kyoto (dont la première période d'engagements s'achève en 2012) doit être prolongé. Il faut par ailleurs également s'accorder surla future structure du fonds Climat.

 

durban

Responsable de la campagne “Forêts”, j'ai bien sûr des attentes particulières. Il faut mettre le paquet pour préserver les derniers massifs de forêts tropicales et, à travers les forêts, lutter pour les peuples autochtones, la biodiversité. Mais, tout cela passe par la mise à disposition de suffisamment de fonds pour faire de cette protection des forêts autre chose qu'un vœu pieux ! Un schéma similaire s'applique d'ailleurs à la lutte contre le réchauffement planétaire dans les pays en voie de développement. Sans être à la base des changements climatiques, ils en sont les premières et les principales victimes...

Un rôle sur mesure pour les ONG

Les organisations non gouvernementales ont un rôle clé à jouer dans cette construction. A nous de chercher activement, un peu de jeu dans le système politique pour marquer des points. Pour cela, nous devons analyser soigneusement la situation et formuler des propositions concrètes que nous pouvons présenter aux négociateurs. Et bien sûr, nous mettons la pression en publiant des rapports ou en organisant des activités publiques.

Alors oui, vu ma fonction au sein de la campagne “Forêts” de Greenpeace, je pars avec des sentiments mélangés. Je me demande par exemple si je ne ferai pas mieux de mettre toute mon énergie à soutenir le boulot que nous faisons sur le terrain. C'est tellement crucial de lutter contre la déforestation en RDC par exemple. Au cœur des forêts congolaises, l'industrie prend ses aises et bafoue allègrement les droits des populations locales. 

 

durban


Ou alors en Indonésie où l'industrie du papier transforme la forêt en papier d'emballage...   Ou encore au Brésil où la déforestation a repris vigueur ces derniers mois et où une loi nationale fondamentale pour sauvegarder la forêt est aujourd'hui remise en question.

Enjeu planétaire

C'est vrai que sur le terrain, on peut agir concrètement pour mettre un terme à la déforestation mais toutes nos victoires doivent s'ancrer dans des politiques planétaires. Ce serait stupide si l'on marquait des points dans un pays avec des entreprises qui s'engagent à cesser le massacre pour que les tronçonneuses se remettent à l’œuvre dans le pays ou la région d'à côté. La déforestation qui représente un cinquième des émissions de gaz à effet de serre de la planète est un enjeu qui nous concerne tous. C'est pourquoi, Durban, pas question que ça casse : ça doit passer ! Peu importe, ce que le mouvement environnemental en pense, c'est un rendez-vous capital. Nous y serons !

Lisez l'ensemble de nos attentes et revendications sur notre page consacrée aux enjeux de la conférence

17:27 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban |  Facebook | |