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05/12/2011

Durban : the long and winding road

 

Les négociations climatiques internationales, ça peut vraiment être compliqué. En voyant comment ça se passe à Durban, ce n’est en effet pas une sinécure. Le réchauffement climatique est un problème global qui doit être résolu par tous les 193 pays, ensemble. C’est pour cela qu’ils se rassemblent dans cette conference of the parties. Mais c’est loin d’être simple.

 

La grande question qui se pose durant ces négociations est de savoir qui porte la plus grande responsabilité dans le changement climatique, et qui doit donc faire le plus d’efforts pour résoudre le problème. Un groupe de pays industrialisés s’est engagé dans un accord contraignant – le Protocole de Kyoto – en vue de cadrer ces efforts en question. Mais subsiste la question « et après ? » car Kyoto, c’est fini en 2012…

 

Des mesures doivent évidemment également être prises en dehors du cadre du Protocole de Kyoto. Par exemple, sur des objectifs climatiques (pas encore contraignants) pour les pays en voie de développement mais aussi sur du soutien financier et technologique des pays industrialisés vers les pays en voie de développement, en vue de les aider à gérer le problème du réchauffement climatique. Il y a également plusieurs établissements techniques qui surveillent la mise en œuvre des accords conclus et assurent un soutien scientifique ; ils ont évidemment aussi leur rôle à jouer.

 

La ligne du temps à Durban

 

Les premiers jours de la conférence, les discussions se sont limitées à des déclarations générales au sein des organes de coordination, ouvertes à tous. Puis, progressivement, les négociations ont commencé, sur plusieurs sujets. Parfois, un même sujet est discuté à plusieurs tables de négociations en même temps car il y a plusieurs aspects à ce sujet: par exemple, en ce qui concerne la lutte contre déforestation, ses implications pour les pays en voie de développement doivent être discutées mais également, à une autre table, les détails techniques de la manière dont la lutte va se faire doivent aussi être négociés. En ce qui concerne les possibilités pour les ONGs de faire pression, au plus la première semaine progressait, au plus les discussions étaient confidentielles et au plus l’accès aux discussions nous était limité.

 

La deuxième semaine, qui commence aujourd’hui, voit entrer en jeu les ministres et donc la partie high level du sommet: c’est à ce moment que les décisions politiques sont prises, que les négociations durent jour et nuit et que les ONGs dépendent de leurs bons contacts pour obtenir de l’information sur ce qui se discute… A la fin des deux semaines, toutes les informations seront rassemblées et les décisions entérinées.

 

Tout cela est bien compliqué, mais l’on ne peut s’attendre à ce qu’il en soit autrement, puisqu’il s’agit de faire entendre raison à près de 200 pays, et de les convaincre d’entreprendre les actions nécessaires pour enrayer le changement climatique. Le processus Climat des Nations-Unies reste la meilleure manière actuelle de parvenir à une solution globale pour un problème global, malgré qu’il ne soit pas parfait ni complètement transparent. Le plus grand problème rencontré est le manque de volonté de nos dirigeants politiques de travailler tous ensemble vers un objectif commun : sauver le climat.

 

Jan Vandermosten, WWF-Belgique

 

02/12/2011

Journée-type d’un participant à un sommet du Climat

6h – Mon réveil sonne. C’est dur pour moi qui ne fais pas partie des lève-tôt. Heureusement il fait clair tôt à Durban. En route pour une nouvelle journée après un bon ptit déj’ !

7h30 – En tant que membre de la délégation belge, j’ai le privilège d’assister à la réunion de coordination journalière. Les négociateurs belges discutent des événements de la journée précédente et de comment y réagir. Cette réunion me permet souvent de récolter des informations utilespour le réseaudu WWF.

8h30 – Je prends le programme de la journée et je m’installe dans la salle informatique. Je décide des sessions que je vais suivre aujourd’hui et je lis et réponds à mes e-mails. Les e-mails pendant les sessions de négociation sont durs à suivre : ma boîte mail explose avec les rapports de réunions et les rapports concernant les derniers développements dans les négociations. Je fais de mon mieux pour garder le fil !

10h30 – Réunion avec ma collègue experte en financement Barbara Lueg. Le reste de ma matinée, je participe à deux sessions de négociations sur la déforestation et le financement.

13h30 – Lunch avec Jaco, qui organise le travail pratique de la délégation WWF : un travail de fou, remarquable ! Je n’ai pas beaucoup de temps car à 14h, il y a la réunion journalière des ONGs, où on donne une vision globale de l’état des choses point de vue négociations.

15h – Prêt pour un deuxième round de sessions de négociation. Petite précision : les ONGs ne sont pas des négociateurs, on est là pour écouter et conseiller les négociateurs sur certains sujets. Une session intéressante aujourd’hui portait sur le fonds climat : celui-ci doit être opérationnalisé à Durban afin que dans le futur, tous les financements destinés à contrer le réchauffement climatique dans les pays en voie de développement soient regroupés. C’est un des sujets controverses. Malheureusement, les discussions actuelles sur ce sujet ne vont pas tout-à-fait dans le sens que nous souhaitons. La question se pose si ce fonds va effectivement pouvoir voir le jour ici à Durban. On va évidemment suivre cela de près !

18h30 – La délégation WWF se rassemble pour la réunion journalière. On passe en revue tous les sujets de négociations. Le réchauffement climatique est un problème dont la taille et la complexité sont immenses : le résoudre demande un travail de titan !

21h – Je m’installe à une terrasse pour prendre mon repas. Le temps ici à Durban est très agréable mais on n’en profite pas pendant la journée…C’est quand je me pose un peu le soir que je prends le temps de vous écrire.

23h – Au lit ! Demain m’attend une autre journée de folie…

Jan Vandermosten, WWF-Belgique

 

Ne perdons pas une décennie, l'Europe doit prendre le leadership

Un billet de An Lambrechts, Greenpeace

A Durban, l'Union européenne se trouve face à un choix : prendre le leadership et défendre pleinement la poursuite du Protocole de Kyoto ou se cacher derrière les pays qui se sont déjà désolidarisés de cet accord.Il est clair qu'on ne peut pas véritablement compter sur les autres signataires de Kyoto : le Canada, le Japon et l'Australie ne semblent plus intéressés ; quant à la Russie, elle ne le remet pas en cause, mais nous pouvons faire une croix sur les engagements sérieux que ce pays pourrait prendre ces prochaines années.

En coulisses : discussions passionnantes

GP01OXE.jpgPouvons-nous nous attendre à ce que des efforts sérieux soient accomplis ces prochaines années ? Ou la question de la poursuite du Protocole sera-t-elle renvoyée aux calendes grecques, c'est-à-dire  jusqu'en 2020 ? D’Europe doit continuer à opter pour la première solution. Or, cette semaine, des dissensions sont apparues entre les États-membres et la Commission européenne. Heureusement, la Belgique maintient le cap, même sans gouvernement, et semble vouloir faire son beurre de ce qui est actuellement sur la table.

En fin de compte, cela signifie que les discussions sur l'avenir du Protocole de Kyoto se tiendront pour l'essentiel entre l'UE et les pays émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, mais aussi le pays hôte, l'Afrique du Sud. L'UE attend de ces derniers qu'ils prennent des engagements mieux ficelés pour compenser la brèche ouverte par leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les discussions en coulisses sont passionnantes et détermineront en grande partie l'issue du Sommet de Durban. Admettons-le, pour nous, les ONG, il est bien difficile de savoir ce qui se trame exactement en coulisses mais ce qui est sûr, c'est que des discussions sont en cours et c'est une bonne chose !

Éviter une décennie de perdue

ECO, un bulletin émis quotidiennement par les ONG, a diffusé hier un article acéré sur le leadership européen dont nous aurions besoin. C'est surtout la Commission européenne qui y est rappelée à l'ordre. Selon les dernières communications émanant de l'UE, il y aurait encore de l'espoir que l'Europe s'engage totalement en faveur de la poursuite du Protocole. Mais d’autres communications de l'UE sont bien plus ambiguës.

Nous craignons que les dirigeants recherchent une date (2020) qui arrangerait davantage les États-Unis. Or, pour véritablement progresser, il faut que l'Europe, tout comme la Chine, l'Inde et les pays d'Afrique prennent leurs distances par rapport aux États-Unis et décident d'avancer ensemble. Reste à croiser les doigts pour que l'Union européenne ne nous fasse pas perdre une décennie de plus  dans le processus des négociations !

16:21 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban, eu |  Facebook | |

01/12/2011

Le Canada et Kyoto : la fin?

 

Cela fait donc quatre jours que le sommet mondial sur le climat a débuté, et les négociations progressent très doucement. Mais une chose est sûre : celui qui pense que ces négociations sont mortes se trompe lourdement. Il y a une tension permanente dans l’air et de l’activité incessante…

 

L’amant infidèle

 

Le premier jour du sommet a été dominé par la rumeur que le Canada allait se retirer du Protocole de Kyoto. Cela concerne directement ce qui est en jeu à Durban: la survie de l'unique cadre juridiquement contraignant qui existe au sein de l'ONU. Le Protocole de Kyoto inclut un certain nombre de pays industrialisés, et la première période d'engagement expire à la fin de l'année 2012. Une deuxième période d'engagement (discutée à Durban) est importante pour garder la confiance des pays en voie de développement et finalement conclure un accord contraignant qui implique tous les pays.

 

Le Canada est depuis longtemps considéré, avec la Russie et le Japon, comme l’amant infidèle du Protocole de Kyoto. Malheureusement, cette rumeur de retrait du Protocole a une influence néfaste sur l’ambiance globale au sommet, et met en danger la possibilité d’arriver à de bons résultats à Durban. Cela serait un coup sérieux (un de plus…) porté à notre climat.

 

Une machine bien huilée

 

Le WWF travaille actuellement avec une équipe de plus de vingt personnes, presque 24h sur 24, pour éviter un tel scénario catastrophe. Je me sens très chanceux de faire partie de cette machine bien huilée, qui dispose d’un expert pour presque n'importe quel sujet de négociations – ils m’aident à m’en sortir dans tout ce fatras d’acronymes et réunions parallèles en tous genres… Croyez-moi, participer activement à un tel sommet n’est pas simple et j’ai parfois l’impression que ma tête va exploser, tellement il y a à faire, partout et tout le temps !

 

Mais on a récemment décidé que j’allais me concentrer spécifiquement sur REDD+ en tant que moyen de lutte contre la déforestation, et sur les moyens de lever des fonds pour financer cet outil ainsi que d’autres outils climatiques.

 


 

La suite au prochain épisode !

 

 

 

Jan Vandermosten, WWF-Belgique


 

 

29/11/2011

Amazonie : sérieux coup de canif dans la lutte contre la déforestation

Les négociations sur le climat ont commencé ici à Durban et les discussions sur le lien entre déforestation et réchauffement planétaire vont rapidement prendre une tournure des plus concrètes. C'est dans ce contexte particulier que le Brésil s'apprête à porter un sérieux coup à ses efforts dans la lutte contre la déforestation. C'est d'autant plus pénible que ce pays avait pris les devants dans ce domaine.

 En 2009, le président Lula s'était engagé à réduire la déforestation de 80% à l'horizon 2020. Ce faisant, il propulsait son pays au rang des leaders de la lutte pour le climat. La déforestation ayant catapulté le Brésil à la quatrième place des pays émetteurs de CO2, il était en effet temps de réagir.

Relancer la machine à déforester
Malheureusement, le parlement brésilien a voté aujourd'hui une loi qui met le Code forestier brésilien sens dessus dessous et qui risque de relancer la machine à déforester. Cela fait six ans que le Brésil pouvait aligner des chiffres en baisse mais la perspective d'une adaptation de la législation risque à elle seule de déboucher sur une hausse considérable des coupes forestières.

Selon l'université de Brasilia, on peut s'attendre à une augmentation de 50% de la déforestation au Brésil si la nouvelle réglementation entre en vigueur.

 Qui est à la base des changements ? Le lobby agricole, particulièrement bien représenté au sein du parlement brésilien. Il attend, par des modifications de la loi, la mise à disposition de terres pour y pratiquer de l'agriculture et de l'élevage industriel. Ces entreprises investissent des millions pour faire pression et obtenir des changements à leur avantage. Au détriment bien sûr de la protection des forêts.

 Une dame en vert ?

Dilma Roussef (qui a succédé à Lula à la présidence du Brésil) est la seule qui puisse encore intervenir pour sauver la forêt amazonienne et concrétiser les ambitions climatiques du Brésil. C'est pourquoi Greenpeace l'invite dès aujourd'hui à éviter de livrer le plus grand poumon vert du Brésil et de la planète aux tronçonneuses.

 Des actions sont - ou seront - menées un peu partout dans le monde pour inciter la présidente brésilienne à prendre ses responsabilités et arrêter la destruction. Ici, à Durban, il va sans dire que cela n'est pas sans importance. Pourquoi ? Le Brésil est un des pays clés pour obtenir un accord qui en vaille la peine et qui mène à l'arrêt effectif de la déforestation.

 Si tu vas à Rio... n'y va pas sans accord pour les forêts

 Le Brésil sera en outre le pays hôte de la prochaine conférence des Nations unies qui se tiendra, l'année prochaine, à Rio. C'est pourquoi, nous nous sommes levés tôt ce matin à Durban pour faire un geste pour l'Amazonie et tenter de faire changer le cours des choses. Le Brésil doit se montrer garant de ses forêts.

Une photo en direct de Durban où la préoccupation pour l'avenir des forêts monte en puissance :

 

Durban, forest

© John Robinson / Greenpeace

14:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : durban, amazonie |  Facebook | |