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30/11/2011

Un sommet du climat sud-africain, tout un symbole

L'Afrique du Sud, première puissance économique de l'Afrique, un sous-sol qui regorge de richesses minières, une nature à couper le souffle mais aussi des inégalités sociales cinglantes qui provoquent une criminalité record, le Sida qui fait des ravages,... L'Afrique du Sud est une terre de contrastes, une nation « arc-en-ciel » qui mélange Afrique et Occident. C'est là que se déroule le sommet annuel des Nations-Unies sur le climat et c'est déjà tout un symbole !


Quand j'évoque l'Afrique du Sud, je pense aussi aux grandes personnalités qui y ont ont vécu. Il y a bien sûr Nelson Mandela dont la lutte pour la réconciliation entre Noirs et Blancs a eu un retentissement mondial et l'archevêque Desmond Tutu, également prix Nobel de la paix. Peut-être moins connu est le parcours de Gandhi en Afrique du Sud. C'est là qu'en tant que jeune avocat il a débuté ses premières actions militantes et non violentes suite à diverses anecdotes, dont une à Durban où il s'est fait jeter en dehors du tribunal pour avoir refusé de retirer son turban. Il suffit parfois de la force d'âme d'une personne pour renverser pacifiquement les pouvoirs établis et construire une société plus juste. Comme quoi tout est possible...


Car conclure un accord climatique global, ce n'est pas que sauver les ours polaires... C'est d’abord construire un monde plus juste entre les pays qui ont la responsabilité historique des changements climatiques et ceux qui aujourd'hui les subissent déjà de plein fouet ainsi que vis à vis des générations futures. En tant que hôte et président des négociations, espérons que l'Afrique du Sud saura puiser dans ces racines pour approfondir le dialogue et la compréhension entre pays développés, émergents et en développement et permettre des avancées décisives vers un accord climatique global, juste et contraignant pour une terre vivable pour tous. 

Cécile de Schoutheete

29/11/2011

Amazonie : sérieux coup de canif dans la lutte contre la déforestation

Les négociations sur le climat ont commencé ici à Durban et les discussions sur le lien entre déforestation et réchauffement planétaire vont rapidement prendre une tournure des plus concrètes. C'est dans ce contexte particulier que le Brésil s'apprête à porter un sérieux coup à ses efforts dans la lutte contre la déforestation. C'est d'autant plus pénible que ce pays avait pris les devants dans ce domaine.

 En 2009, le président Lula s'était engagé à réduire la déforestation de 80% à l'horizon 2020. Ce faisant, il propulsait son pays au rang des leaders de la lutte pour le climat. La déforestation ayant catapulté le Brésil à la quatrième place des pays émetteurs de CO2, il était en effet temps de réagir.

Relancer la machine à déforester
Malheureusement, le parlement brésilien a voté aujourd'hui une loi qui met le Code forestier brésilien sens dessus dessous et qui risque de relancer la machine à déforester. Cela fait six ans que le Brésil pouvait aligner des chiffres en baisse mais la perspective d'une adaptation de la législation risque à elle seule de déboucher sur une hausse considérable des coupes forestières.

Selon l'université de Brasilia, on peut s'attendre à une augmentation de 50% de la déforestation au Brésil si la nouvelle réglementation entre en vigueur.

 Qui est à la base des changements ? Le lobby agricole, particulièrement bien représenté au sein du parlement brésilien. Il attend, par des modifications de la loi, la mise à disposition de terres pour y pratiquer de l'agriculture et de l'élevage industriel. Ces entreprises investissent des millions pour faire pression et obtenir des changements à leur avantage. Au détriment bien sûr de la protection des forêts.

 Une dame en vert ?

Dilma Roussef (qui a succédé à Lula à la présidence du Brésil) est la seule qui puisse encore intervenir pour sauver la forêt amazonienne et concrétiser les ambitions climatiques du Brésil. C'est pourquoi Greenpeace l'invite dès aujourd'hui à éviter de livrer le plus grand poumon vert du Brésil et de la planète aux tronçonneuses.

 Des actions sont - ou seront - menées un peu partout dans le monde pour inciter la présidente brésilienne à prendre ses responsabilités et arrêter la destruction. Ici, à Durban, il va sans dire que cela n'est pas sans importance. Pourquoi ? Le Brésil est un des pays clés pour obtenir un accord qui en vaille la peine et qui mène à l'arrêt effectif de la déforestation.

 Si tu vas à Rio... n'y va pas sans accord pour les forêts

 Le Brésil sera en outre le pays hôte de la prochaine conférence des Nations unies qui se tiendra, l'année prochaine, à Rio. C'est pourquoi, nous nous sommes levés tôt ce matin à Durban pour faire un geste pour l'Amazonie et tenter de faire changer le cours des choses. Le Brésil doit se montrer garant de ses forêts.

Une photo en direct de Durban où la préoccupation pour l'avenir des forêts monte en puissance :

 

Durban, forest

© John Robinson / Greenpeace

14:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : durban, amazonie |  Facebook | |

Biodiversité et déforestation

Les négociations climatiques internationales, ça n’est pas la coupe du monde de football mais c’est aussi un événement international énorme et cela veut donc dire : chaos logistique. Donc hier, les bus spécialement dédiés au sommet n’étaient pas au point. Des dizaines de personnes m’indiquaient très gentiment le chemin jusqu’à l’arrêt de bus, mais personne ne savait où le bus allait….Même pas les chauffeurs ! Après une discussion d’une demi-heure sur quel bus et quelle route prendre, nous avons enfin pu décoller. Tout ça pour un voyage de 5 minutes… Je vous entends déjà dire « Ahlala l’Afrique ». Eh bien, d’après quelques uns de mes collègues expérimentés, ça n’est pas si mal en comparaison avec le sommet de Copenhague.

Par rapport à la biodiversité, je ne peux certainement pas me plaindre par rapport à ce que j’ai trouvé dans ma chambre d’hôtel : un énorme cafard qui se baladait tranquillement sur le plancher. Malgré que je travaille au WWF, je ne suis pas fan des petites bestioles rampantes, et encore moins si elles peuvent voler ! Selon le réceptionniste, ces bêtes entrent par les fenêtres ouvertes et peuvent être aussi grosses que des oiseaux. Je ne suis pas sûr que je peux le croire, mais à partir de maintenant, ma fenêtre restera quand même fermée !

J’ai relu encore une fois notre rapport « Forêts & Climat ». Ce rapport est le troisième que le WWF a publié dans le cadre de l’année internationale des forêts. La déforestation est responsable de près de 20 % des émissions mondiales de CO2 d’origine humaine. Si nous voulons pouvoir maintenir le réchauffement climatique sous le seuil des 2°C, nous devons stopper la déforestation.

REDD+

Le rapport « Forêts & Climat » indique que si nous voulons arrêter la déforestation d’ici 2020 (ce qui est l’objectif du WWF), il est nécessaire d’avoir un mécanisme qui incite les pays à garder leurs forêts plutôt que de les couper. Vous pensez que ça n’existe pas ? Eh bien si, la bonne nouvelle c’est que ça existe et que ça s’appelle REDD+ pour 'Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation'.

Comment ça marche? En échange d’un incitant financier, les pays doivent créer une structure qui leur permette de faire face aux causes sous-jacentes de la déforestation sur leur territoire. Les résultats obtenus doivent être mesurés et le droit des peuples autochtones doit être respecté dans le processus. Un tel système, une fois développé et mis en place, aura des retombées positives pour le climat, mais aussi pour la biodiversité et pour les populations locales et les peuples indigènes.

REDD+ est également un des mécanismes sur lesquels il y a eu le plus de progrès lors des négociations climatiques ces dernières années. Les bases de ce mécanisme sont donc jetées. A Durban, il faudra que des moyens financiers pour REDD+ soient dégagés, et que certains aspects techniques importants soient développés et/ou précisés. Si les négociateurs réussissent à faire un pas en avant significatif dans ces matières, on pourra espérer que les dernières mises au point soient réalisées au cours du sommet mondial de l’année prochaine.

 

Jan Vandermosten, WWF-Belgique

 

28/11/2011

Paroles vs Actes à Durban


Et c’est parti !

Vendredi 25 novembre : je me trouve dans l’avion qui m’emmène de Londres à Durban. Je vais participer ces deux prochaines semaines à la Conférence sur le Climat des Nations-Unies, en tant que représentant du WWF-Belgique. Ensemble avec l’importante délégation WWF composée d’experts super motivés nous allons tout faire pour pousser les négociations climatiques dans la bonne direction !

Durban, c’est l’aboutissement de semaines de préparation intensive. Nous, les organisations environnementales belges, avons envoyé nos exigences pour Durban à nos décideurs politiques, eu plusieurs réunions avec eux pour leur faire part de notre point de vue et nous avons également informé la presse belge de nos attentes. Nous avons donc fait entendre notre voix, et continuerons à la faire entendre en Afrique du Sud!  

Après le flop de Copenhague en 2009, l’attention publique pour le changement climatique s’est quelque peu atténuée, de même que les attentes quant au processus climat des Nations-Unies… Mais cela ne veut absolument pas dire qu’une solution au changement climatique ne doit pas être trouvée ! En 2010, le monde a émis plus de CO2 que jamais. L’Agence Internationale de l’Energie a démontré dans une récente étude qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps pour agir, si on veut éviter des changements climatiques dangereux.  Il est temps de passer à moins de paroles et plus d’actes!

A Durban, il faut qu’un pas en avant considérable soit fait vers une solution globale au changement climatique. Pour le WWF, Durban sera un sommet réussi si les pays participants s’engagent à définir un accord légal contraignant d’ici 2015, si le financement accordé aux pays en voie de développement est adéquat, si le niveau d’ambition lors des négociations est rehaussé et si des progrès sont faits dans plusieurs autres domaines, dont la lutte contre la déforestation. Sur ce blog, nous vous ferons part des évolutions sur tous ces sujets donc venez nous lire régulièrement!

Est-ce que je me sens prêt à relever tous ces défis? Evidemment, ce ne sont pas les organisations environnementales seules qui vont réussir à pousser l’énorme machine des Nations-Unies dans la bonne direction… Mais nous savons que derrière nous, il y a des millions de membres, sympathisants et des scientifiques qui réalisent ce qui est en jeu. Ensemble, nous devons essayer de faire la différence !

Jan Vandermosten, Durban (Afrique du Sud)

24/11/2011

Durban : passera... passera pas ?

Un blog de An Lambrechts - Greenpeace

C'est la troisième fois consécutive que je participe à la Conférence des Nations unies sur le climat. Il y a quelques jours, lors d'une rencontre avec le mouvement environnemental, un journaliste nous a demandé si – après la débâcle de Copenhague - nous avions encore confiance dans ce « machin » onusien ?

Bruits de couloir

En fait, dans les couloirs, on chuchote que quand il fait moche, on sort un piètre accord et que quand il fait beau, on sort la tête haute ! Jusqu'ici, cela se vérifie. Bali a débouché sur une solide feuille de route, et Cancun (Mexique) – qui s'est tenu l'année dernière - a permis de sauver la mise. Inutile de rappeler le bide de Copenhague... tout le sommet a fait flop !

Ainsi, si l'on peut croire cet adage onusien, Durban  sera un bon cruet sera - toujours selon ce dicton - potentiellement meilleur que le sommet de l'an prochain qui se tiendra au cœur de l'hiver coréen... Mais dans le contexte actuel, qu'est-ce qu'un bon accord ? 

Du pain sur la planche

Durban doit nous apporter au minimum une vision pour le futur. En d'autres termes, de quoi nous diriger vers un accord contraignant à l'horizon 2015. Dans la foulée, le protocole de Kyoto (dont la première période d'engagements s'achève en 2012) doit être prolongé. Il faut par ailleurs également s'accorder surla future structure du fonds Climat.

 

durban

Responsable de la campagne “Forêts”, j'ai bien sûr des attentes particulières. Il faut mettre le paquet pour préserver les derniers massifs de forêts tropicales et, à travers les forêts, lutter pour les peuples autochtones, la biodiversité. Mais, tout cela passe par la mise à disposition de suffisamment de fonds pour faire de cette protection des forêts autre chose qu'un vœu pieux ! Un schéma similaire s'applique d'ailleurs à la lutte contre le réchauffement planétaire dans les pays en voie de développement. Sans être à la base des changements climatiques, ils en sont les premières et les principales victimes...

Un rôle sur mesure pour les ONG

Les organisations non gouvernementales ont un rôle clé à jouer dans cette construction. A nous de chercher activement, un peu de jeu dans le système politique pour marquer des points. Pour cela, nous devons analyser soigneusement la situation et formuler des propositions concrètes que nous pouvons présenter aux négociateurs. Et bien sûr, nous mettons la pression en publiant des rapports ou en organisant des activités publiques.

Alors oui, vu ma fonction au sein de la campagne “Forêts” de Greenpeace, je pars avec des sentiments mélangés. Je me demande par exemple si je ne ferai pas mieux de mettre toute mon énergie à soutenir le boulot que nous faisons sur le terrain. C'est tellement crucial de lutter contre la déforestation en RDC par exemple. Au cœur des forêts congolaises, l'industrie prend ses aises et bafoue allègrement les droits des populations locales. 

 

durban


Ou alors en Indonésie où l'industrie du papier transforme la forêt en papier d'emballage...   Ou encore au Brésil où la déforestation a repris vigueur ces derniers mois et où une loi nationale fondamentale pour sauvegarder la forêt est aujourd'hui remise en question.

Enjeu planétaire

C'est vrai que sur le terrain, on peut agir concrètement pour mettre un terme à la déforestation mais toutes nos victoires doivent s'ancrer dans des politiques planétaires. Ce serait stupide si l'on marquait des points dans un pays avec des entreprises qui s'engagent à cesser le massacre pour que les tronçonneuses se remettent à l’œuvre dans le pays ou la région d'à côté. La déforestation qui représente un cinquième des émissions de gaz à effet de serre de la planète est un enjeu qui nous concerne tous. C'est pourquoi, Durban, pas question que ça casse : ça doit passer ! Peu importe, ce que le mouvement environnemental en pense, c'est un rendez-vous capital. Nous y serons !

Lisez l'ensemble de nos attentes et revendications sur notre page consacrée aux enjeux de la conférence

17:27 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban |  Facebook | |