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13/12/2011

Durban : zéro pas en avant, un pas en arrière !

Un billet de An Lambrechts, Grenpeace

Il y a un an, on a sauvé les meubles à Cancùn et maintenu le processus de négociations sur les rails. Cette fois, il est évident que les opposants à un bon accord sur le climat – les États-Unis en tête – ont mis les bouchées doubles pour chercher les poux et faire capoter l'affaire.

Mais, ce n'était pas plus réjouissant de voir comment l'Union européenne a accepté facilement un compromis avec les États-Unis, malgré la rhétorique de Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'action pour le Climat. Elle est passée au-dessus de l'alliance avec les pays les moins développés et les petites îles pour un résultat qui tient plus du ravalement de façades que de la lutte pour le climat.

Rien de contraignant

Conclusion : l'accord qui aurait dû être sur la table depuis deux ans est à présent repoussé à une date ultérieure, indéterminée, « à partir de 2020 »... L'absence de ligne du temps est la pire erreur qui a été commise avec l'absence d'une garantie absolue d'un accord juridiquement contraignant.

Tous ceux qui sont un tant soit peu de bonne volonté qualifient chaque étape « d'étape importante ». Mais cette fois, c'est plutôt de marche arrière qu'il faut parler. C'est valable pour les différents sous-accords qui ont été négociés. Ainsi, l'accord sur les forêts représente maintenant un risque pour le climat, la biodiversité et les peuples autochtones plutôt qu'une garantie...

Le fonds climat est maintenant doté d'une structure mais il n'est toujours pas financé. La construction de centrales au charbon soi-disant durables est encouragée. Que l'industrie et les intérêts financiers s'en tirent plutôt bien ne laisse finalement que peu de place à l'espoir.

En cause : le manque de volonté politique

Mais soyons clairs : ce processus reste important. Rien que parce qu'il est le seul où un accord sur le climat peut être négocié. En soi, il n'a rien « qui cloche »... Mais par contre, là où le bât blesse, c'est lorsqu'il est question de volonté politique pour faire avancer les choses ou mieux d'absence de volonté politique. Ou encore lorsque l'obstructionnisme prime et paralyse tout le processus...

Rendez-vous au Qatar ?

En route vers un monde où la température moyenne risque d'augmenter de 4°C et pour le Qatar où se déroulera ironiquement le prochain sommet pour le climat ? Pour ma part, je me retire avec plaisir de tout ce « cirque climatique » pour me concentrer sur notre campagne Forêt en Indonésie... Il y a de quoi donner une petite touche plus politique au travail mené sur le terrain et soutenir notre action contre la déforestation imputable à l'industrie du papier et de l'huile de palme...

10/12/2011

Les derniers instants

 

Attendre, attendre,… Ce mot n’a jamais autant pris son sens qu’ici, ce samedi, à Durban. Hier, c’était normalement le dernier jour du sommet mondial pour le climat et il est d’usage que les négociations climatiques se prolongent une bonne partie de la nuit, voire jusqu’à l’aube. Mais ça n’a pas été le cas ici: les négociations ont été arrêtées à minuit et devaient reprendre à 10 h ce matin.

 

La chance que Durban soit un succès fond comme neige au soleil : les textes qui sont pour l’instant sur la table ne sont pas suffisants et ne permettront pas de maintenir le réchauffement climatique sous le seuil dangereux des 2°C. Les négociateurs semblent empêtrés dans des intérêts contradictoires en ce qui concerne la prolongation du Protocole de Kyoto, qui est pourtant la base d’un futur accord global sur le climat, d’un financement adéquat, d’un niveau d’ambition à la hauteur du défi climatique.

 

Il est maintenant 18 h. Les négociations se passent pour l’instant en petits comités. Ceux qui n’y assistent pas attendent, ne savent rien… Est-ce le calme avant la tempête, allons-nous vers un sommet mondial bis en juin 2012 comme on l’a récemment entendu ? Si c’est le cas, il ne reste plus qu’à espérer que les actes seront à la hauteur des mots et que ces négociations vont finalement mener quelque part…

 

09/12/2011

Suspens, suspens...

L'effervescence monte dans le centre de conférence de Durban où se termine aujourd'hui le sommet de l'ONU sur le climat. Les grands couloirs bourdonnent d'un foule pressée, les caméras sont là, des amas se forment devant les écrans annonçant les réunions guettant l'heure des prochaines réunions car personne ne sait comment se déroulera le reste de la journée. La seule certitude est que les que discussions se prolongeront tard dans la nuit voire jusque demain matin...

A quelques heures de la fin du sommet de Durban, il est encore impossible de prévoir quelle sera l'issue des discussions. Durant la semaine, les négociations se sont poursuivies aussi bien au niveau technique qu'au niveau politique. Les experts ont travaillé à élaguer les textes de manière à aboutir à quelques options claires qui lorsqu'elles sont suffisamment « mûres » sont ensuite transférées aux ministres pour décision.

Les discussions sur l'opérationnalisation des décisions prises à Cancun l'année dernière progressent dans l'ensemble. Il restent néanmoins encore pas mal de travail pour les dernières heures et des points de blocage subsistent notamment pour la mise en œuvre du Fonds Vert pour le Climat qui doit canaliser l'aide financière vers les pays du Sud.

Concernant les grands dossiers politiques, dont l'issue décidera de la réussite ou de l'échec du sommet, tout reste ouvert. Une série d'options sont entre les mains des ministres avec le meilleur comme le pire.

Hier, un mouvement positif est venu de l'Union européenne qui s'est associée aux pays les moins avancées, au groupe des pays africains et aux petites îles pour demander un renforcement du niveau d'ambition, une deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto et une feuille de route pour un accord contraignant pour tous les pays et appeler d'autres pays à rejoindre leur coalition. Nul ne sait à l'heure qui l'est si leur appel sera entendu !

Cécile de Schoutheete

 

Petites îles, grandes ambitions... Grands pays, petites ambitions ?

Un billet de An Lambrechts, Greenpeace

La Micronésie, Samoa, Tuvalu, cela vous dit quelque chose ? L'île de Saint-Vincent et l'archipel des Grenadines ? Ou l'île de Sainte-Lucie ? Tous ceux qui sont impliqués dans les négociations climatiques les situent les yeux fermés sur un planisphère, tantôt du côté du Pacifique, tantôt du côté des Caraïbes. Et ce n'est pas parce qu'ils sont férus de géographie !

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Ces îles se battent pour un accord climatique contraignant qui permettrait de maintenir l'augmentation des températures sous les 1,5°C. Elles n'ont que des petites délégations mais elles parviennent à se faire remarquer là où il faut dans les négociations ! Leurs populations subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement planétaire. De fortes tempêtes tropicales menacent de les balayer de la carte quand ce n'est pas l'eau de l'océan qui s'infiltre dans leurs sols poreux et inonde leurs champs et leurs habitations.

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Des moyens pour s'adapter

Cette semaine a été marquée par le début de la partie « ministérielle » des pourparlers. Et une fois encore, ces petites îles ont donné l'impression d'être les seules à avoir compris de quoi il retourne réellement. Car, malheureusement, tout indique qu'il n'y aura pas de moyens supplémentaires pour leur permettre de « s'adapter aux circonstances ». Le terme utilisé dans le jargon onusien est effectivement celui d'adaptation.

Vu la teneur actuelle des négociations, on peut même craindre que la plus petite avancée ne risque d'être prise pour une « grande victoire »... Et même par les pays africains, qui ont aussi des populations touchées par le changement climatique et et qui sont forcées de fuir la sécheresse et la désertification... Alors que - ne l'oublions pas - il faudrait tout de même que l'on trouve une solution pour les aider à faire face. Pour les petites îles, un « bon résultat » risque bien d'être un résultat insuffisant.

Emplâtre sur une jambe de bois ?

Tant que rien ne se passe pour s'attaquer à la racine du problème et réduire les émissions de gaz à effet de serre via un accord contraignant et ficelé d'ici 2015, tout en conservant le Protocole de Kyoto, on pourra parler d'emplâtre sur une jambe de bois. Et, bien sûr, force est de répéter une fois encore que la balle est dans le camp des pays en voie de développement et de l'Union européenne (UE).

Nos ministres vont devoir sérieusement retrousser leurs manches. Cela fait bien longtemps que l'UE n'a plus joué un rôle aussi déterminant dans les négociations. Et il faut bien avouer que jusqu'à présent, l'Europe a perdu son leadership. Un Etat membre semble fait sur ce plan figure d'outsider. Un petit Etat membre... Eh oui, la Belgique qui s'est efforcée de maintenir l'UE au top sur tous les fronts. En réalité, c'est hallucinant de constater que les plus grands fans d'un accord climatique digne de ce nom sont de petits pays qui se tiennent les coudes. Et si quelqu'un allait faire une petite brèche dans le système de protection des Pays-Bas contre la montée des eaux ? De la sorte, leur ministre sera peut-être également mandaté pour sauver le Protocole de Kyoto !

09:53 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : durban, climat |  Facebook | |

08/12/2011

Les Etats-Unis fossilisés

 

Les Etats-Unis ont reçu pour la énième fois l’infâme « Fossile du jour » de la part du mouvement environnemental, qui remet ce prix chaque jour au pays qui a contribué de la manière la plus négative qui soit à la progression des négociations climatiques.

 

La raison de cette distinction peut enviable est que les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils ne s’engageraient pas envers des objectifs climatiques contraignants  avant 2020. Cela veut dire que parvenir à un accord global contraignant d’ici 2015 sera encore plus difficile de prévu, au vu de la position de ce pays. Pire, les Etats-Unis ignorent les avertissements explicites et répétés, qui proviennent entre autres du United Nations Environment Programme (UNEP), qui signalent que nous devons prendre des mesures urgentes afin de limiter le réchauffement climatique en-dessous du seuil dangereux des 2°C.

 

Il y a quelques années, on attendait beaucoup des Etats-Unis. L’arrivée de Barack Obama allait amener du changement dans le pays, qui n’a jamais ratifié le Protocole de Kyoto. Nous avons tous voulu croire aux bonnes intentions du Président américain, mais il a malheureusement montré au bien connu Sommet de Copenhague qu’il n’était pas celui qui inverserait la tendance. Dans son propre pays, il n’a pas réussi à convaincre et sa proposition de loi climat a été refusée par le parlement. Son administration n’a pas été plus loin que de renforcer les objectifs sur l’efficacité énergétique des voitures.

 

La réalité politique aux Etats-Unis peut expliquer la position américaine aujourd’hui dans les négociations. On voit que même le Président ne peut influencer la politique climatique de son pays. Le parti républicain, qui a la majorité à la Chambre des Représentants, est bien connu pour être peu progressiste quant à la problématique climat. Pour ceux qui en doutent, je vous invite à taper la combinaison « Rick Perry » et « Climate Change » dans YouTube… En 2012, il y aura des élections présidentielles aux Etats-Unis : on espère vivement que le prochain Président voudra et pourra emmener son pays vers plus d’ambition climatique.

 

Mais pour en revenir aux négociations climatiques, une idée circule : avancer sans les Etats-Unis au sein d’une « coalition of the willing », faite de pays qui veulent faire progresser les négociations. J’ai discuté de cela avec ma collègue américaine. Elle ne croyait pas à cette stratégie et pensait plutôt qu’une coalition des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde se formera et fera opposition à des objectifs contraignants. A deux jours de la fin de la Conférence Climat à Durban, elle semble avoir raison… Affaire à suivre !

Jan Vandermosten, WWF-Belgique